Pourquoi les plantes ?

Le cheval est un mammifère strictement herbivore, et entièrement dépendant de la qualité de son microbiote intestinal pour métaboliser les végétaux ingérés. Et ce microbiote dépend entièrement de la quête alimentaire du cheval pour accéder aux substrats nécessaires à sa subsistance.

Cette interdépendance s’appelle une symbiose, « vivre ensemble », avec un bénéfice mutuel.

Dans un environnement originel, très étendu et riche en biodiversité végétale (hors glaciations, durant lesquelles seuls les lichens sont disponibles!), le cheval herbivore peut accéder à une variété qui couvre ses besoins et ceux de son microbiote, en premier lieu l’apport énergétique nécessaire au mouvement, mais aussi la matière azotée (protéines) façonnée par le rhizobium (symbiose racines/mycélium) à partir de l’azote gazeux atmosphérique, les oligo-éléments extraits du substrat minéral (roche-mère) et solubilisés par les champignons symbiotes, mais aussi, tous les « principes actifs », molécules très nombreuses synthétisées par tous les végétaux, et dont l’absorption permet de maintenir fonctionnels tous les grands systèmes organiques quelles que soient les fluctuations du milieu.

En d’autres termes, par sa façon de se nourrir, le cheval peut accéder saisonnièrement à une grande variété de substances bio-actives (« herbe », mais aussi bourgeons, jeunes pousses, feuilles, écorces…), non seulement nutritionnelles mais aussi régulatrices du fonctionnement organique, et pour lui se nourrir est aussi pratiquer une « phytorégulation instinctive ».

Dès lors, que se passe-t-il si les territoires explorés se réduisent comme peau de chagrin ? si la biodiversité s’effondre ? si les plantes épuisées par le surpâturage et le compactage des sols ne s’enracinent plus correctement ? si la vie des sols est détruite par des molécules chimiques de synthèse ?

Non seulement le cheval ne sera plus nourri correctement, mais il perdra aussi tout le bénéfice des vertus harmonisantes des plantes.

Que faire ?

Il est possible d’élaborer des « compléments alimentaires » à base de synergie de végétaux judicieusement choisis, qui viendront combler le besoin organique de nutriments et de molécules régulatrices de toutes les grandes fonctions organiques.

« Que l’aliment soit ton seul remède » disait Hippocrate.

Pour le cheval herbivore, toute complémentation à base de plantes sera d’un grand secours, pour maintenir équilibre et bien-être au sein des environnements souvent très dégradés où il est aujourd’hui confiné, et pour optimiser la prise en charge par le vétérinaire traitant en cas de dysfonctionnement organique.

Eric Ancelet, Docteur Vétérinaire